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  • Quelque part entre Paris et Cologne...

    Au début des choses, il y eut l’arrivée du train à Charleroi en 1843, lorsque l’Etat souhaita relier Braine-le-Comte à Namur. Mais, dans la genèse de nos chemins de fer, l’Etat n’avait ni les moyens, ni l’ambition de développer un réseau reliant tous les coins du pays. Il autorisa donc des compagnies privées à développer des lignes ferroviaires partout où elles y verraient un intérêt. Rappelons ici qu’au milieu du XIXème siècle, l’industrie dans la région de Charleroi était déjà très prospère… Très tôt, on ambitionna de la relier par le rail au marché français. De l’autre côté de la frontière, la puissante Compagnie du chemin de fer du Nord Français chercha, au gré des concessions, des rachats et des financements, à développer une connexion ferroviaire entre Paris et Cologne, qui traverserait forcément la jeune Belgique.

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    Dans son ouvrage « La Compagnie du Nord-Belge et ses locomotives », André Dagant nous rappelle pourtant que c’est une « Société anonyme du chemin de fer de Charleroy à la frontière de France », d’administration anglaise, qui obtint la concession et entama sa réalisation dès 1845, avant même le premier coup de pioche du côté français. Le chantier, qui dura près de sept années, fut particulièrement laborieux : « La Sambre moyenne s’écoule dans une sombre vallée boisée, dont la beauté sauvage est inquiétante, presque sinistre, et où il n’y a fréquemment place que pour très peu de chose à côté de la rivière… Tous les problèmes de l’art de l’ingénieur vont se poser. ». On peut même parler de réalisation héroïque lorsqu’on se souvient que tous les travaux, y compris les tranchées rocheuses, furent réalisés exclusivement à l’huile de bras !

    Les premiers trains circulèrent sur la ligne le 11 octobre 1852. Mais avant l’été qui suivit, les administrateurs de la « SA du chemin de fer de Charleroy à la frontière de France », exsangue financièrement, avaient signé une convention provisoire avec la Compagnie du Nord Français, qui reprit immédiatement l’exploitation de la ligne et en paracheva la réalisation. L’année suivante, cette compagnie reprit à bail le chemin de fer de Namur à Liège, alors que, de l’autre côté de la frontière, s’achevaient enfin les travaux reliant Erquelinnes à Saint-Quentin. Ainsi commença donc le règne des chemins de fer du Nord en nos contrées, n’en déplaise à l’Etat… 

  • Petit rallye pédestre le long de la ligne 130A

    Puisque ce blog voudrait promouvoir la ligne 130A, autant vous la présenter comme je la vois depuis douze ans. J’aime marcher; vous le saurez. La Sambre et ses villages n’ont plus de secret pour moi, ou si peu. Et donc, avec le temps, j’ai compris que le plus grand mystère de l’existence est… le temps lui-même. Infiniment long ou court, c’est selon. De petites automotrices, ignorantes de la chose, émergent de la brume qui nappe la rivière au petit matin. A Landelies, à Labuissière, à Solre-sur-Sambre, elles fendent l’air et feignent l’aisance, foncent vers Erquelinnes et fondent déjà sous un soleil naissant…

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    Alors, marchons ensemble de Charleroi-Sud à Erquelinnes et même au-delà. Vous verrez peut-être autrement ces rails que vous arpentez au quotidien ou seulement parfois. Si vous ne connaissez pas du tout la ligne 130A, alors j’essaierai de vous en donner une image actuelle, un aperçu intime, indulgent certes, mais tellement amoureux. Un petit voyage dans le temps, infiniment court ou long…