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Gloire et déclin

Les années 1950 amorcèrent le déclin du chemin de fer comme moyen de transport entre toutes les localités du pays. Dans les zones rurales, on estima l’autobus non seulement plus rentable mais également plus pratique, puisqu’il n’était pas tenu de ne s’arrêter qu’en gare mais pouvait également marquer l’arrêt devant les églises, les écoles et les lieux d’activités. Les unes après les autres, nos petites lignes de tram disparurent, suivies par plusieurs lignes de train dont celle reliant Mons à Chimay par Lobbes. Les gouvernements successifs investirent massivement dans la réalisation d’autoroutes et négligèrent le rail, pour des motifs parfois critiquables.

Avec la vulgarisation de l’automobile, la rentabilité des lignes ferroviaires s’inscrivit sur des distances plus longues.  Les trains internationaux connurent leurs heures de gloire au fur et à mesure que l’idée d’une Europe unie et pacifiée prenait racine en nos contrées. Et notre ligne 130A, électrifiée en 1964, joua son rôle historique de maillon entre la France et l’Allemagne, et au-delà. Peut-on encore imaginer aujourd’hui le passage du Paris-Moscou à Fontaine-Valmont, du Paris-Cologne à Hourpes ?

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[ci-dessus: Il ne faudra pas chercher longtemps la Wallonie sur cette carte ayant figuré dans un indicateur de la SNCB de 1950 avant de réaliser que le plus important corridor ferroviaire européen de l'époque comprenait la ligne 130A...]

Une nouvelle façon de penser l’économie, importée de Chicago, prit définitivement racine dans nos contrées après les crises pétrolières des années 1970. En formulant le rêve d’une grande Europe pacifiée, nos gouvernants de l’époque n’ont sans doute pas longtemps réfléchi à l’avenir de nos chemins de fer nationaux. Avec sa hiérarchisation à outrance et ses œuvres sociales exemplaires mais extrêmement onéreuses, la SNCB, que d’aucuns ont décrit comme un état dans l’Etat, n’allait pas tarder à passer dans l’œil du cyclone de la rentabilité. Myopes, nos gouvernants parleront toujours de conjectures… Mais des erreurs ont été commises, comme sans doute l’introduction du plan IC/IR en 1984… 

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